Le 21 janvier 1973, c'était un dimanche sans voiture. Crise du pétrole. A 3h40 du matin, après 23 heures de souffrance (pour ma mère), j'ai daigné sortir le dernier orteil de son ventre alors qu'on m'attendait depuis une semaine. Ben oui: trop froid en hiver dans ce pays nordique qu'est le plat pays!

J'aurais pu m'appeler Aurore. Mais c'est finalement Ariane qui a été retenu et officialisé lorsque mon père m'a reconnue deux jours plus tard à la maison communale de Saint-Josse-ten-Noode.

L'an mil neuf cent septante trois, le vingt-trois janvier, à treize heures vingt minutes, devant Nous, Camille XXX, Echevin délégué, Officier de l'Etat civil de la commune de saint-Josse-ten-Noode, a comparu: Claude Francis Vlérick, professeur, âgé de vingt-sept ans, né à Luingne, lequel nous a exhibé un enfant du sexe féminin, qu'il a déclaré être né le vingt et un janvier courant, à trois heures quarante minutes, en cette commune, rue du Méridien, 100, de lui déclarant et de son épouse Mireille Gabrielle Angèle Defrise, employée, âgée de vingt-quatre ans, née à Nduma (Congo belge), domiciliés à Schaerbeek, rue Jan Blockx, 1, auquel enfant il déclare donner les prénoms d'Ariane Gabrielle Madeleine.

S'ensuit la liste (dont je vous épargne) des noms des personnes qui ont eu la joie d'assister à la scène...

Il n'y eut pas d'autre enfant résultant de la combinaison de la moitié des patrimoines génétiques de mon père et de ma mère. "Je voulais une fille, je l'aie eue du premier coup, alors pourquoi recommencer?", disait ma mère.