Quand je serai grand, je serai...
Publié le mardi 7 avril 2009
Il m'arrive régulièrement, ces temps, de me trouver confrontée aux interrogations -parfois à la détresse- de jeunes qui atteignent l'âge de faire un choix décisif dans leur parcours d'étudiant. Qu'il s'agisse des adolescents qui quitteront bientôt l'enseignement secondaire ou des futurs détenteurs du diplôme de Master (à la sauce Bologne) qui peuvent ou non entreprendre un doctorat, la problématique est la même: qui suis-je pour oser prétendre pouvoir donner des leçons -ou même de simples conseils- en la matière?
A l'heure où le contexte économique est plus que jamais incertain, et où les enfants des pays occidentaux ont souvent été élevés selon la formule "mon enfant, je te donnerai tout ce que je n'ai pas eu", le désintérêt de la jeunesse pour les études me semble bien là. Peut-être est-il encore plus prononcé chez les enfants de couples séparés, phénomène de plus en plus à la mode ces dernières décennies. Car comment durcir le ton lorsqu'il est si facile, pour le grand enfant, de balancer, maladroitement mais néanmoins violemment, à la tête du parent démuni, un "si ça t'plait pas, j'vais vivre avec papa/maman". Mais peut-être ces conclusions un peu hâtives -j'en conviens- sont-elles la manifestation, chez moi, de premiers signes de ringardise qu'il me faut à tout prix soigner... Car des jeunes à la fois brillants et très motivés, j'en rencontre aussi tous les jours.
A vrai dire, je ne parviens pas à proposer quelque chose de plus évolué que la formule qui m'a guidée tout au long de ma vie: "va où le vent te mène, mais renseigne-toi bien sur ce qui existe". Selon mon impression, une carrière toute programmée, calculée, a encore plus de "chance" que les autres d'aboutir à de la frustration. Et ce que je me permets de dire à tous ces jeunes que je côtoie avec beaucoup de plaisir, c'est que leur personnalité et les compétences qu'ils ont acquises dans le cadre de leurs activités extra-scolaires (surtout dans leur enfance) occuperont une place non moins déterminante dans leur aventure professionnelle que le diplôme qu'ils auront en poche à la sortie de leurs études.

Sans doute attendent-ils davantage de précisions de la part des adultes, afin d'être quelque peu rassurés quant à la voie qu'ils empruntent. Mais qu'avons-nous de plus à leur offrir que de stimuler encore et toujours leur enthousiasme et de leur dire de faire en sorte que "le rêve dévore leur vie, afin que la vie ne dévore pas leur rêve"?
Ariane
Compléments d'information:
- Faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve (Saint-Exupéry)
Posté dans Opinions & Débats | aucun commentaire »