DéfiSciences

Par Ariane VLÉRICK

Aller au contenu Aller au menu Aller à la recherche

Ariane Vlérick, passeuse des Sciences de la Vie

Publié le jeudi 6 mai 2010

Par Elisabeth Gordon, L'Hebdo, 6 mai 2010

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Ariane Vlérick est un personnage singulier et attachant. A 37 ans, la secrétaire générale de BioAlps (association qui promeut les sciences de la vie de Suisse occidentale) a un impressionnant CV. Cette Belge née à Bruxelles a aussi un parcours original. «Je suis souvent là où on ne m’attend pas», dit-elle. Après des études secondaires en latin-grec, elle s’oriente à l’université vers la bioingénierie. Son doctorat en poche, elle délaisse la recherche pour devenir responsable éditoriale chez De Boeck. En 2005, nouveau changement d’orientation et de décor. Arrivée en Suisse, elle se lance dans la communication des sciences de la vie, notamment à l’Université de Genève, à l’EPFL et au World Knowledge Dialogue. Depuis 2009, elle est la cheville ouvrière de BioAlps.

Dans toutes ces fonctions, comme dans sa vie privée, elle va «toujours au bout des choses». Lorsque, petite fille, elle faisait de la danse, elle prenait des cours «cinq fois par semaine». Plus tard, elle a pratiqué «assidûment» le fitness. Aujourd’hui, elle fait de la musculation et soulève «des poids lourds». Autant dire que cette femme petite et menue – qui, à 13 ans, a tenu son journal et l’a ensuite publié – est «un paradoxe sur pattes». Aimant «jeter des ponts entre des disciplines qui ne se parlent pas» et favoriser les rencontres, elle est aussi une femme de réseaux.

Lire la suite Voir l'article en pdf

Quand en dialogue, on ne se risque pas toujours à entrer...

Publié le mardi 16 septembre 2008

Fallait-il un symposium international de 4 jours -le World Knowledge Dialogue Symposium- réunissant les plus grandes pointures de notre planète bleue, pour en arriver aux quelques brèves conclusions -qui n'engagent que moi, je le précise- que je résumerai brièvement plus bas? Sans doute pas. Je suis partie avec un sentiment dans mes bagages, je suis revenue avec. Néanmoins largement enrichie des échanges de haut niveau auxquels j'ai pu assister aux quelques instants de liberté que me laissaient les tâches de communication et de réseautage qui m'incombaient.

(de gauche à droite: Stephan, Ariane et Pascal - photo réalisée par Françoise Michaud)

Dans le billet précédent, je notais que des pistes de progression pourraient venir d'une plus grande humilité et générosité du "possesseur de savoir" envers sa science. Mais n'est-ce pas précisément là que le bât blesse? La compétition liée à l'hyperspécialisation des disciplines et, par conséquent, à la fragmentation du savoir, n'encourage-t-elle pas -que dis-je?: ne contraint-elle pas?- les apprenants et découvreurs à faire preuve d'un égoïsme absolu afin d'être le premier à révéler une parcelle de son savoir? Bref, afin de placarder son nom sur ce morceau de connaissance qui n'est pourtant qu'un fragment d'un édifice qui -plus que n'importe quel autre- devrait appartenir à tout le monde?

Il m'a semblé clair que le dialogue cessait net dès lors que la discussion risquait de porter atteinte, de quelque manière que ce soit, soit à la personne elle-même, soit à ses croyances intimes -culturelles, religieuses, idéologiques, etc. Confiante dans les capacités intellectuelles de l'Homme, je doute fort que nous ayions déjà atteint nos limites d'apprentissage. Aussi, s'il paraît évident que des efforts doivent être entrepris, notamment dans la structure des études, afin qu'un diplômé des sciences exactes soit capable de comprendre celui qui vient des sciences humaines, et vice-versa, je suis cependant convaincue que le cerveau humain est capable de dépasser cette difficulté, et de retrouver une certaine forme de savoir et d'analyse encyclopédiques, fût-ce en recourant à des outils modernes de compilation des connaissances (cf les discussions sur le web sémantique).

Je reste plus dubitative dès lors qu'il s'agit de psychologie: accepter que l'autre ait raison et/ou puisse apporter un éclairage à sa propre réflexion, sans pour autant se laisser envahir par le sentiment de perdre en crédibilité, voilà bien une qualité parfois difficile à cultiver par des personnalités qui ont été formées à être les meilleures, envers et contre tout, et surtout individuellement.

Pourtant, le dialogue a eu lieu. Toutes et tous étaient là pour ça, tant bien que mal. De Crans-Montana, je reviens enchantée d'avoir pu "confirmer" mon postulat de base selon lequel les plus aptes au dialogue sont aussi les plus sensibles, les plus ouverts à l'Autre, ceux qui cherchent dans l'échange une source d'enrichissement plutôt qu'un chemin vers la notoriété. Et parfois, les deux viennent, le plus naturellement du monde... Et là, c'est juste beau: bravo à celui qui s'impose sans même le revendiquer...

Enchantée, car si nous le voulons, il y a une solution -assez simple d'ailleurs. Mais... au lendemain de la fin du symposium, je me suis brusquement arrêtée sur une citation de Nietsche, alors que feuilletais simplement "Le crépuscule des idoles":

Une fois pour toutes, il y a beaucoup de choses que je ne veux point savoir. - La sagesse trace des limites, même à la connaissance.

A méditer...

A vous!

Bien amicalement,

Ariane

Le deuxième symposium du Dialogue des Savoirs s'est terminé... dans l'enthousiasme interdisciplinaire, interculturel, intergénérationnel

Publié le lundi 15 septembre 2008

Ce samedi 13 septembre à midi, les mains des participants au deuxième symposium international organisé par la Fondation World Knowledge Dialogue se serraient. Ce n’était qu’un aurevoir, surtout pas un adieu: ils se sont donné rendez-vous dans deux ans. Depuis mercredi, le Centre Le Régent de Crans-Montana accueillait 300 représentants de toutes les disciplines du savoir, issus de tous les coins de la planète: la moitié d’entre eux venait de Suisse, l’autre moitié du reste du monde (Europe, Etats-Unis, Canada, Japon, Singapour, Inde, etc.). Qu’ils soient porteurs des non moins célèbres titres de Prix Nobel, Pulitzer ou Balzan, jeunes étudiants, leaders d’opinion au sein d’institutions privées ou publiques, ou encore porte-parole d’aucune autre expérience que celle de leur propre vie, ils étaient sur les hauts-plateaux pour apporter leur pierre à l’édifice de la connaissance humaine.

Rassembler ce qui est épars. Mais que venaient-ils donc faire à Crans-Montana? Partager leur savoir et leurs expériences sous le patronage du Prof. Edward Wilson –brillant entomologiste américain dont les travaux lui ont valu plusieurs distinctions honorifiques. Mais aussi et surtout comprendre les règles du jeu de ce partage afin d’en découvrir les limites –historiques, cognitives, épistémologiques, psychologiques, institutionnelles, etc.– pour les repousser plus loin. En plus d’une réflexion de fond sur les liens entre l’acquisition d’un Savoir, son partage par le Dialogue, ainsi que la Responsabilité qu’implique son utilisation, c’est sur base de deux thématiques d'importance majeure pour notre société de début de 21ème siècle et pour son avenir que s’est effectué le travail: ''- Comment qualifier l'intelligence collective résultant de la "mise en réseau" des connaissances individuelles? Quels nouveaux rapports crée-t-elle avec l’individu? - Sommes-nous naturellement des êtres coopératifs? Y a-t-il une base biologique de la coopération et quelles sont les incidences sociales de nos comportements?'' Les conférenciers avaient pour directive, outre d’exposer leur état de l'art de la question, de commenter les lacunes de leur propre savoir et d’identifier les champs de compétence qui pourraient permettre de les combler. Le symposium était organisé en sorte que les participants ne soient pas de simples spectateurs des prestations des prestigieux orateurs, mais qu'ils se sentent véritablement impliqués dans le processus de dialogue. C’est pourquoi une répartition équivalente du temps dévolu au symposium a été attribuée aux conférences plénières et aux ateliers participatifs, joliment dénommés laboratoires du dialogue.

Vers un humanisme… moderne! Le modèle expérimental –si efficace hier– montre aujourd’hui ses limites. En outre, le phénomène d’hyperspécialisation de la recherche a pour corollaire un cloisonnement des disciplines, frein majeur à la "fertilisation croisée" des expertises. Ce processus risque bien de menacer, plus vite qu’on ne le pense, la dimension humaine –humaniste?– du Savoir. La métaphore thérapeutique, si chère au Prof. Francis Waldvogel, Directeur du Comité exécutif, servira notre propos: si en 2006, lors du premier événement, s’est posé le diagnostic de la fragile santé du dialogue interdisciplinaire, on pourrait dire aujourd’hui que les recherches sur les premiers "médicaments" ont débuté dans le cadre de ce symposium, et qu’il reste bien du travail avant d’en arriver aux "essais cliniques"… Néanmoins, on peut déjà entrevoir que des solutions à cette carence communicationnelle, à ce fossé interdisciplinaire pourraient venir d’une plus grande humilité et générosité du "possesseur de savoir" envers sa science. Par ailleurs, il semble aujourd’hui clair que la réflexion qui doit s’engager devra prendre en compte des dimensions aussi variées que la proximité des contenus à intégrer, la définition d’une valeur communément acceptée et respectée par tous comme base au dialogue (la solidarité entre les protagonistes d’un terrain conflictuel par exemple), ainsi que la nature du véhicule choisi pour la mise en commun des savoirs de chacun. Une analyse plus approfondie des résultats de cette deuxième expérience fera l’objet d’une publication, comme ce fut le cas pour le premier symposium.

Une telle aventure perdrait toute raison d’être sans une participation massive de la jeunesse. C’est pourquoi le programme d’attribution de bourses aux scientifiques de moins de 42 ans, initié lors du premier symposium de 2006, a été élargi. Et pour la première fois, 20 étudiants de niveau Master ou Doctorat –la moitié venant de Suisse, les autres de Belgique, de France, d’Angleterre, de Singapour– ont été sélectionnés en fonction de leur intérêt pour la transdisciplinarité, mais aussi en sorte que le groupe soit équilibré tant en genre qu’en représentation disciplinaire. Enfin, les journalistes se sont mis autour de la table avec des scientifiques et des représentants politiques, afin d’apporter un éclairage complémentaire à la réflexion sur les liens entre Savoir et Responsabilité: celui de la responsabilité des médias en matière de diffusion du savoir.

Les portes du Régent se sont ouvertes à tous, en particulier au public local, à l’occasion de cinq conférences: trois en anglais proposées par Edward Wilson et les deux Prix Nobel John Sulston et Christiane Nüsslein-Volhard, ainsi que deux en français, par Joël de Rosnay et Hubert Reeves.

A vos agendas: le prochain symposium aura lieu en automne 2010!

Toutes les conférences plénières sont disponibles depuis le site www.wkdialogue.ch, sous forme de retransmissions vidéo et de résumés.

Annexes: Rappel général de la démarche - Plaquette du symposium 2008 - Programme en ligne - Programme des conférences publiques - Inscription à la newsletter

En un mot, le monde de la connaissance est fragmenté!

Publié le vendredi 5 septembre 2008

A J-5 de la deuxième édition du symposium international "World Knowledge Dialogue" (WKD), la rubrique "Eclairages" du quotidien suisse romand Le Temps laisse place aux mots du Directeur du Comité exécutif de la Fondation WKD sur le besoin impérieux d'un décloisonnement des disciplines.

ECLAIRAGES Les scientifiques devraient se parler! Francis Waldvogel, directeur de la Fondation World Knowledge Dialogue, explique, à la veille de ses assises à Crans-Montana, l'urgence qu'il y a pour les sciences de sortir de la spécialisation qui a fait leur succès mais qui, désormais, limite leur apport global à la société

Se procurer l'article

Le Centre Le Régent de Crans-Montana (Suisse - canton du Valais) accueillera dès le mercredi 10 septembre prochain les 300 participants au symposium.

5 conférences seront ouvertes au public.

Ariane

Participer à l'édition 2008 du "World Knowledge Dialogue Symposium": maintenant ou jamais!

Publié le samedi 24 mai 2008

Dans deux de mes précédents billets, je vous annonçais qu'un symposium mondial intitulé World Knowledge Dialogue avait lieu tous les deux ans, à Crans-Montana (canton du Valais en Suisse) depuis l'année 2006. Je vous expliquais également que la fondation genevoise à l'origine de cette initiative s'est donné pour objectif de rassembler des personnalités de toutes expertises et de tous horizons scientifiques et culturels afin d'entreprendre une démarche d'enrichissement du Savoir collectif au travers d'un dialogue interdisciplinaire.

La prochaine -et deuxième- édition de ce symposium aura donc lieu en septembre prochain, plus précisément du 10 au 13.

Je vous invite à surfer sur notre site et, en particulier, à consulter le programme de l'événement.

Un rapide coup d'oeil suffit à découvrir la richesses des thématiques et surtout la qualité des orateurs sélectionnés pour les conférences plénières. Dans la palette, pas moins de 5 Prix Nobel (Paix, Chimie, Physiologie & Médecine) et autres détenteurs des plus hautes distinctions scientifiques prendront part à cet événement, présenteront ce qu'ils savent sur la question qui leur est proposée - mais surtout ce qu'ils ne savent pas. Les après-midi seront consacrées à des travaux collectifs ou "laboratoires du dialogue" au cours desquels tous les participants seront vivement encouragés à s'exprimer.

Des documents présentant l'initiative en général, le programme 2008 en particulier, peuvent être téléchargés en cliquant ICI.

Je vous invite dès lors chaleureusement à vous inscrire à notre symposium et, a minima, à notre newsletter. Veuillez cependant prendre préalablement connaissance des modalités d'inscriptions, car nous avons prévu plusieurs programmes spéciaux donnant lieu à des conditions préférentielles de participation. J'attire votre attention sur le fait que le nombre de places est limité afin de préserver la qualité du dialogue, et que les premiers inscrits seront les premiers servis.

Enfin, comme nous souhaitons accueillir des participants de tous les coins du monde, tous les moyens sont bons pour faire connaître notre initiative. Merci par avance de votre aide!

Bien amicalement,

Ariane

From Bench Work... to Clinical Trials

Publié le samedi 2 février 2008

Dans un billet précédent, je vous donnais quelques informations sur le tout nouveau programme de formation continue dont j'étais en train de coordonner la mise en place à la Faculté des Sciences de la Vie (FSV) de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL). Voici désormais de plus amples détails, sous la forme d'une annonce destinée à tout professionnel du monde biomédical.

En 2002, l'EPFL s'enrichissait d'une nouvelle Faculté dédiée aux Sciences de la Vie, en particulier aux relations entre le Vivant et la Technologie. C'est d'ailleurs sur ce point qu'elle se distingue des Facultés des Sciences et de Médecine environnantes. Outre la recherche fondamentale, la mission première de la FSV est la mise au point de nouvelles méthodes diagnostiques et thérapeutiques, ainsi que la production de dispositifs médicaux. Elle ne pouvait dès lors voir le jour qu’au sein d'un environnement de haute technologie, avec une tradition et des compétences fortes en ingénierie.

En l'espace de cinq années, la Faculté des Sciences de la Vie a relevé le défi de mettre sur pied un nouveau programme d’enseignement multidisciplinaire, et une institution de recherche de pointe aujourd’hui constituée de quatre instituts. C'est cette année que seront attribués les premiers diplômes d’ingénieurs en Sciences & technologies du vivant et en Bio-ingénierie & biotechnologie. Ces futurs diplômés auront le choix entre trois programmes doctoraux pour parfaire leur formation, s’ils le désirent.

La FSV ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Elle se soucie également du perfectionnement permanent des professionnels du monde biomédical, un domaine qui, par sa nature, concerne l'ensemble de la population et ne cesse d'évoluer de manière fulgurante.

Si les procédures d’expérimentation d’une nouvelle méthode thérapeutique sur l’être humain sont bien documentées et enseignées dans diverses institutions universitaires suisses, en revanche le cheminement qui mène d'une découverte en laboratoire jusqu'aux prémisses des essais cliniques reste un parcours du combattant. Au-delà des questions relatives à tout travail de recherche en laboratoire se posent des problématiques spécifiquement liées à la nature du "matériel expérimental" et aux conditions cadres qui régissent sa production. Il n'est pas là question que de science et de technologie, mais aussi -plus que jamais- de conscience et d'interdisciplinarité.

La Faculté lance donc, au printemps de cette année, son premier programme de formation continue, consacré au processus de recherche translationnelle. Des règles à respecter aux bonnes questions à se poser, les experts désignés renseigneront les participants sur les sources indispensables (droit, éthique, propriété intellectuelle, gestion des coûts, communication) en matière de recherche biomédicale, ainsi que sur les autorités à consulter, en temps opportun.

Le cours mis sur pied représente un bel exemple de collaboration interdisciplinaire, mais aussi interinstitutionnelle, avec une direction, des responsables de branches et des experts invités issus de l'EPFL, des Universités de Lausanne, Genève et Neuchâtel, d'entreprises privées, ainsi que d'autorités européennes, fédérales et cantonales, compétentes en matière de technologies appliquées au vivant.

Danser, jusqu’à la mort!

Publié le jeudi 22 novembre 2007

Ayant eu la mauvaise idée de me rendre sur un site qui, entre autres choses, donne les titres de l'actualité, je viens d'apprendre le décès de Maurice Béjart. Un symbole vient de s'éteindre, et je me trouvais ce matin, pour un rendez-vous professionnel, dans l'hôpital où il s'est endormi à jamais cette nuit... C'est en 1980 que je l'ai vu pour la première fois sur une scène bruxelloise, c'est en 1984 que je suis entrée dans son Ecole à Bruxelles, c'est en 1987 qu'il a quitté le plat pays pour s'installer à Lausanne, non loin d'où je réside et travaille aujourd'hui.

A cette occasion, j'ai l'envie de ressortir l'un des textes que j'ai écrits il y a quelques années... Tout n'est plus à jour, mais peu importe. Je ne trouve plus les références des citations, mais que leurs auteurs me pardonnent.

Organisme complexe, souple et résistant, le corps depuis l’aube des temps traduit le mouvement, à la fois moyen d’expression et d’action

La danse, comme tout art probablement, porte en elle tout à la fois du magique et du maléfique. La rigueur qu’elle impose est telle que les danseurs professionnels, mais aussi, dans l’ombre, tous ceux qui s’entraînent corps et âme pour leur simple plaisir ou pour nourrir un espoir vain, souffrent de la pratiquer… mais ne peuvent s’en passer.

Chaque individu doit effectuer un travail d’acceptation de son physique. Chez le danseur, cette tâche difficile se révèle être une donnée vitale.

Même si la recherche constante du mouvement et du corps parfaits conduit à des comportements tellement extrêmes qu’ils en deviennent inhumains, je suis persuadée que c’est aussi la danse, pratiquée à un autre degré, qui peut sauver les vies qu’elle a elle-même mises en péril. Car celui qui s’est construit dans la danse et par la danse entretient avec cet art un rapport singulier. Pour beaucoup de danseurs je crois, ne plus danser, c’est aussi mourir. Et mourir en dansant, c’est la plus belle des morts. En écrivant ces lignes, je songe au superbe ballet de Maurice Béjart "Le presbytère n’a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat". C’est pour moi le témoignage le plus flagrant d’une passion qui ne s’arrêtera qu’avec la mort du corps. Ce spectacle grandiose, consacré "à ceux qui sont morts trop tôt", se termine sur les images d’un Jorge Donn en transe. Il danse, il a mal, mais il danse et dansera jusqu’à ce que mort s’ensuive. De son visage jaillissent tout à la fois force et faiblesse, bonheur et douleur. Danser, c’est exactement ça… On commence par l’apprentissage d’une technique, du geste beau et certains n’iront jamais au-delà. Mais la Danse, celle qui fait vibrer le corps et qui démange dès l’audition de la première note de musique, celle-là est plus qu’un passe-temps: c’est une raison de vivre, c’est toute une culture à elle seule.

Je m’intéresse particulièrement à ce besoin insatiable qu’a un danseur de bouger, de s’exprimer au travers du mouvement, et à cette détresse qui naît lorsqu’on en est privé. Parce que j’ai moi-même vécu cette détresse lorsque s'est éteint le dernier espoir de réaliser mon rêve de petite fille: devenir une danseuse étoile. Mais cette détresse s’est prolongée car, plus tard, je souhaitais renouer avec la danse, mais je savais aussi que ce ne serait jamais pour moi un hobby parmi tant d’autres. C’était en quelque sorte une véritable histoire d’amour passée, mais sur laquelle je ne parvenais pas à tirer un trait. Je continuais donc à danser, je me laissais emporter par la musique… mais seulement en cachette!

(...)

Il y a une très grande différence entre la manière dont j’envisage la danse de couple (ou la danse individuelle mais en compagnie d’amis dans un cadre festif) et la danse en solo, dans la solitude la plus complète.

Je dirais que la danse en solo, si elle naît des vibrations d’une musique au plus profond de moi, finit souvent par tourner à une forme de masochisme, mais un masochisme dont j’ai besoin. Difficile à comprendre, et encore plus à exprimer. Quand je danse seule et me laisse aller, il faut que j’en arrive à avoir mal, à suer, à peiner, et finalement à pleurer. Un exutoire, en quelque sorte… Mais ceci n’est, je crois, possible qu’à partir du moment où le mouvement est "naturel".

La danse pratiquée au cours n’est pas un mode d’expression: c’est l’apprentissage d’une technique. C’est seulement lorsque la technique est bien ancrée qu’un phénomène du type de celui que j’ai décrit plus haut peut se produire. On ne réfléchit alors plus où mettre son pied, son bras: on agit, on se laisse emporter par les notes, qu’elles existent vraiment ou qu’elles soient le produit de notre imagination. Parfois, j’ai le sentiment que mon corps, tout en se mouvant, crée la musique… dans ma tête.

Quant à la danse de couple, je la vois comme un langage particulier entre deux êtres, fait de gestes et de suggestions, un moyen de rencontre, un amusement. Parfois une invitation à l’amour aussi, un préliminaire. Mais là aussi, tout ceci ne vient que lorsque le mouvement n’est plus contrôlé à chaque pas et que la timidité est abandonnée. La danse de couple implique la connaissance de son partenaire. Elle renforce un lien d’amour entre deux êtres.

Je t'aime Maurice, et je ne t'oublierai jamais, comme je n'ai jamais oublié Jorge.

Ariane

Un Dialogue des Savoirs 2008 qui s'annonce des plus enrichissants!

Publié le mercredi 10 octobre 2007

Chose promise, chose due, voici les dernières informations relatives au développement du prochain symposium du World Knowledge Dialogue, qui se déroulera du 10 au 13 septembre 2008 à Crans-Montana (Valais suisse).

Trois thématiques majeures ont été retenues par notre Conseil scientifique:

- Cyberspace/collective vs Human/individual intelligence: Convergences and divergences

- Cooperative behaviour, altruism and conflict: From group intelligence to prevention of violence

- Knowlegde & Responsibility

Nous pouvons déjà compter sur la participation active de Edward O. Wilson et de Joël de Rosnay. Pour les autres orateurs, encore un peu de patience...

Je vous invite à consulter la brochure présentant ces dernières informations, ainsi que son encart, qui reprend une brève biographie de tous les membres de notre Conseil scientifique.

N'hésitez pas à vous inscrire à notre Newsletter et même à vous pré-inscrire au symposium!

Ariane

Savoir dialoguer, pour un vrai Dialogue des savoirs!

Publié le mardi 31 juillet 2007

Sous l'impulsion d'André Hurst (Recteur émérite de l'Université de Genève), Francis Waldvogel (Président émérite des Ecoles polytechniques fédérales de Suisse) a pris la direction d'un programme intitulé ''World Knowledge Dialogue'' ou ''Dialogue des savoirs''. L'idée de base est simple: rassembler les sciences naturelles et les sciences humaines et sociales autour de projets communs, et leur donner l'occasion de dialoguer. "Donner l'occasion", c'est tout d'abord offrir l'opportunité de la rencontre. Mais c'est aussi comprendre le pourquoi et le comment des difficultés de communication, et mettre en oeuvre une politique de résolution des problèmes identifiés.

André Hurst et Francis Waldvogel, respectivement Président de la Fondation WKD créée pour l'occasion et Directeur de son Comité exécutif, ont dès lors constitué une structure composée de personnalités de renommée mondiale. Le Conseil scientifique est particulièrement de haute pointure.

L'opportunité de la rencontre est proposée tous les deux ans, au mois de septembre des années paires, dans les magnifiques paysages montagnards valaisans, à Crans-Montana. La première édition s'est déroulée en 2006, avec pour thèmes principaux "New Discoveries defining Complexity" et "Origin and Migrations of Modern Humans". Les archives des échanges peuvent être consultées sur le site.

Forts de leur première expérience, les organisateurs préparent d'ores et déjà la prochaine rencontre, en mettant un point d'honneur à comprendre comment améliorer le dialogue interdisciplinaire, comment optimiser la collaboration entre les expertises les plus variées, comment in fine aboutir à l'émergence de nouvelles méthodes d'étude.

Comment l'Autre, avec son vécu, avec son propre bagage intellectuel et culturel, peut-il enrichir et élargir le regard que nous portons sur une problématique? That's the question!

L'édition 2008 promet dès lors d'être davantage axée sur la méthodologie même du dialogue. Je ne manquerai pas de vous en dire davantage au fur et à mesure. Vous pouvez d'ailleurs d'ores et déjà vous manifester auprès de moi si vous souhaitez faire partie des "premiers informés" ou nous confier vos idées et points de vue. Je vous invite également à consulter régulièrement le site du World Knowledge Dialogue.

Si la transdisciplinarité telle qu'on l'envisage de nos jours présente le grand risque d'aboutir à une juxtaposition de monologues spécialisés plutôt qu'à un dialogue entre disciplines, il faut cependant noter quelques réussites notoires et encourageantes. Pour ne citer que quelques exemples, j'ai été assez impressionnée ces dernières années par le développement fulgurant des neurosciences et des sciences cognitives. Par ailleurs, le grand "boum" des sciences de l'environnement, et l'incontournable politique du développement durable, doit beaucoup -voire tout- à la collaboration interdisciplinaire. Quant à l'anthropologie, discipline à l'origine "sociale", ne s'est-elle pas franchement enrichie de l'ouverture aux sciences exactes (anthropologie physique et biologique)?

A suivre...

Ariane

Tombée dans la marmite quand j'étais petite...

Publié le dimanche 29 juillet 2007

Je ne dirais pas que tout se joue à l'enfance. Heureusement, il nous reste quelques marges de manoeuvre par la suite. Je suis néanmoins convaincue que nous sommes profondément marqués par nos sensations premières, nos passions primitives, nos peurs initiales.

Ma soupe primordiale à moi, c'est un bouillon de lettres et de pirouettes. J'ai beau "grandir", l'écriture me poursuit au quotidien, et la danse, pourtant négligée depuis 20 ans, imprime mon corps de ses stigmates. La communication écrite et l'expression corporelle restent envers et contre tout les modes de dialogue qui me sont les plus chers. Je suis d'ailleurs l'auteur, à 13 ans, d'un petit bouquin qui, à la manière d'un journal intime, relate mes expériences d'adolescente et mon amour (fou?) de la danse.

Pourtant, après des études secondaires en section gréco-latine dans un Athénée de la Ville de Bruxelles (dont les horaires me permettent de pratiquer mes trois heures de danse quotidiennes à l'Ecole des petits de Maurice Béjart), je choisis d'entreprendre une formation universitaire scientifique. Va savoir pourquoi? C'est la question que se posent plusieurs personnes de mon entourage, qui m'imaginent forcément en Lettres. Je n'ai pas la réponse, mais peu importe: je suis ce long cursus scientifique à l'Université libre de Bruxelles, pour en sortir avec, en poche, les diplômes d'Ingénieur chimiste et des bio-industries (1997) et de Docteur en Sciences (2001).[1] Et j'aime!

Mais passées les étapes de la défense (à la Belge) ou de la soutenance (à la Française) de la thèse, je n'imagine pas une carrière dans un laboratoire. Surtout en électrophysiologie. Car pendant 4 années, isolée derrière une cage de Faraday, j'ai manipulé des canaux ioniques et pesté contre les métros qui circulent sous le laboratoire situé à la Plaine des manoeuvres à Bruxelles. Les vibrations faisaient éclater mes bicouches lipidiques planes péniblement obtenues, dans lesquelles j'étais -enfin!- parvenue à incorporer une et une seule de ces protéines membranaires permettant la diffusion d'ions au travers de la barrière hydrophobe!

Plus sérieusement, il est temps, pour moi, de trouver le moyen de combiner mon bagage scientifique avec une passion que je n'ai plus l'occasion d'exercer: l'écriture.

Cela tombe à pic puisque la Région wallonne décide de prendre en main la rude question du désintérêt des jeunes pour les carrières scientifiques, et projette de développer, dans chacune des Facultés des sciences francophones de Belgique, une cellule de diffusion de la culture scientifique. Le Réseau Scité est né, et je suis engagée pour le développement d'activités de vulgarisation scientifique à l'Université libre de Bruxelles dans la cellule Inforsciences. Je participe à l'organisation d'événements tels que le Printemps des Sciences, rédige des articles pédagogiques et de vulgarisation, ainsi que des programmes de manifestations publiques, propose des parcours dans des musées scientifiques pour les classes et des ateliers itinérants dans les plaines de jeux.

Un peu plus tard, la maison d'édition De Boeck, spécialisée dans les ouvrages scolaires et académiques francophones internationaux, se restructure. J'y suis engagée, au sein du département universitaire, comme responsable éditoriale du secteur Sciences-Technique-Médecine. Une aventure des plus enrichissantes, qui me permet de découvrir le monde de l'édition sous toutes ses facettes (rédaction, graphisme, impression, diffusion, marketing, contrats, etc.) et, surtout, la richesse du travail avec les auteurs et les collaborateurs de tous profils. Le catalogue se compose de manuels universitaires, d'ouvrages de recherche et de quelques titres de vulgarisation et de réflexion sur les enjeux des développements technoscientifiques. Des originaux en langue française, mais aussi des traductions de "textbooks" (surtout américains, anglais, allemands) découverts dans les catalogues des éditeurs étrangers ou dans les foires internationales du livre (Francfort, Londres, etc.).

C'est au cours de cette expérience professionnelle (mais en toute autonomie par rapport à mes employeurs) que me vient l'idée de mettre en place le forum de discussion DéfiSciences, afin d'y promouvoir les différentes formes d'oeuvres scientifiques et d'y débattre des enjeux sociaux que soulève la recherche dans le monde contemporain et pour notre avenir.[2]

Après 32 années au plat pays, je m'envole vers les montagnes d'Helvétie, pour atterrir au bord du lac Léman, que j'ai le plaisir d'observer chaque jour sous plusieurs angles...

J'habite à Prangins, entre Genève et Lausanne. J'ai travaillé à Genève, à la Faculté de médecine de son Université, comme Chargée de Communication, ainsi qu'à Hermance, pour la Fondation Brocher, comme Coordinatrice de l'Inauguration du tout nouveau Centre Brocher. Permettant l'accueil de chercheurs qui souhaitent trouver un lieu propice à la concentration et à la rencontre conviviale, ce Centre a pour but de promouvoir et soutenir des travaux à l'interface de la médecine et du droit, selon les voeux de la famille Brocher.

Dès l'été 2007, j'entame une nouvelle collaboration totalement en phase avec les objectifs de DéfiSciences: promouvoir un dialogue entre représentants des divers champs disciplinaires, faire de la transdisciplinarité une véritable méthode d'étude et d'analyse. Cette initiative, qui fait appel à l'expertise de personnalités mondialement reconnues, porte le nom de World Knowledge Dialogue, et se manifeste notamment par l'organisation d'une rencontre internationale au mois de septembre des années paires. J'y ai notamment pour mission de développer les relations scientifiques et médiatiques au titre de Scientific & Media Relations Manager.

En septembre 2007, j'entreprends la coordination d'un programme de formation continue intitulé ''From Bench Work to Clinical Trials'', le premier proposé par la jeune Faculté des Sciences de la Vie de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL). L'objectif de cette formation est de préparer les acteurs du secteur biomédical à maîtriser les différentes procédures et contraintes qui entrent en jeu lorsqu'un chercheur souhaite mettre en pratique des résultats obtenus en laboratoire et déposer une proposition d'essai clinique. Bien loin d'une simple affaire scientifique, cette démarche fait appel au droit, à l'éthique, à la technologie, à la propriété intellectuelle, à l'évaluation des coûts, etc.

C'est au titre de Coordinatrice de la Communication que je poursuis ma collaboration avec la Faculté des Sciences de la Vie de l'EPFL, afin de promouvoir, auprès des publics les plus variés, les activités de recherche et d'enseignement de cette institution qui a pour particularité de développer les sciences de la vie dans un environnement d'ingénieurs, porté par conséquent sur la technologie bien davantage que les Universités avoisinantes.

Au cours de l'été 2009, je me vois confier le Secrétariat général de l'Association BioAlps, dont la mission est de promouvoir la Suisse occidentale en tant que pôle européen dans le domaine des sciences de la vie, et de mettre en évidence l'excellence du secteur tant au niveau de la recherche et de l'enseignement des institutions académiques qu'à celui des innovations technologiques des industries implantées dans la région.

Bref, encore et toujours des histoires de sciences et d'écriture... Et sans le vouloir (?), je me suis rapprochée pas à pas de mon Maître à danser, Maurice Béjart qui, après avoir fêté ses 20 ans à Lausanne et ses 80 ans sur la Terre, s'est éteint dans l'hôpital lausannois situé non loin de mon bureau...

C'est la faute à la soupe!

Ariane

Notes

[1] Pour de plus amples détails, je vous fais volontiers parvenir mon curriculum vitae sur demande

[2] Pour les détails, lire DéfiSciences, step by step

Une Fondation qui encourage les questionnements sur les pouvoirs et les limites de la biologie moderne: ça existe!

Publié le vendredi 4 mai 2007

Si mon activité sur DéfiSciences a subi quelque relâche ces temps, n'y voyez surtout pas le signe d'une baisse d'activité en faveur des "sciences humainement exactes". Bien au contraire, c'est avec grand intérêt que je me suis investie ces dernières semaines pour la Fondation Brocher, une fondation suisse de droit privé qui s'est donné pour mission de soutenir et d'encourager des travaux de réflexion sur l'impact des développements des technologies biomédicales.

Créée par M. et Mme Wilhelm et Lucette Brocher, la Fondation Brocher s’illustre dans la promotion de recherches pluridisciplinaires sur les implications éthiques, légales et sociales du développement des technologies biomédicales. Active dans l’organisation de symposiums internationaux et dans le soutien de publications, elle entame aujourd’hui sa mission d’accueil de scientifiques au sein du Centre Brocher.

Situé au bord du lac à Hermance, le Centre Brocher offre aux chercheurs les conditions idéales au partage de réflexions et à la rédaction de travaux scientifiques.

Au Centre Brocher, on ne trouvera ni blouse blanche, ni pipette. Mais des philosophes, des éthiciens, des psychologues, des juristes, des économistes, des sociologues qui porteront, sur les découvertes des biologistes et des médecins, un regard critique propre à leur discipline. En collaborant sur des thématiques aussi prometteuses que délicates de la recherche biomédicale, ils apporteront leur pierre à la définition des conditions de mise en application des technologies résultant de ces découvertes.

C'est en tant que coordinatrice de l'inauguration de ce Centre que j'ai le plaisir de m'investir dans la mise en place de plusieurs activités, organisées à l'attention tout particulière du public-cible de la Fondation:

2 mai 2007 à 18h: Inauguration officielle réunissant le Conseil de Fondation, les autorités communales d’Hermance et le Conseil d’Etat genevois.

3 mai 2007 à 18h: Conférence du Professeur Axel Kahn, intitulée «Ethique et valeurs dans le domaine des sciences de la vie», suivie d’un cocktail dînatoire, au Bâtiment des forces motrices - Sur invitation.

4 mai 2007 à 9h: Brunch scientifique autour d'Axel Kahn sur le thème des relations entre le monde biomédical et l’industrie - Destiné à une vingtaine d'invités issus de la recherche biomédicale ou de l'industrie - Sur invitation.

4 mai 2007 à 11h: Conférence de presse

A cette occasion, nous avons aussi préparé un petit dépliant sur la Fondation, ainsi que quelques clips videos présentant le Centre Brocher, son cadre verdoyant et sa mission.

Pour de plus amples détails, je vous invite à consulter le communiqué de presse et le dossier de presse.

Ariane

Comeback éditorial

Publié le samedi 27 janvier 2007

J'ai le GRAND plaisir de vous informer, en ce début 2007, que j'ai l'intention de soutenir Accedit, une toute nouvelle maison d'édition sur internet, qui a pour objectif de proposer des textes touchant à tous les domaines du savoir, après les avoir contrôlés, mis en forme, résumés et indexés.

La démarche repose sur le constat que de nombreux textes -qui détiennent les clés du savoir et des pensées de leurs auteurs- échappent à la collectivité. Parce que des critères sévères de rentabilité les excluent des circuits de l'édition papier traditionnelle, ces travaux ne nourrissent pas la réflexion et les actions publiques. Et puisque le web offre de puissants moteurs de recherche, l'idée est aussi d'offrir rapidement aux lecteurs l'accès à des textes de référence, validés par des experts du domaine traité et de l'édition, sur base de quelques mots-clés.

A bon entendeur, salut!

Au titre de conseillère scientifique, je me mets dès aujourd'hui en chasse de textes, quelles que soient vos disciplines de prédilection et la longueur de vos travaux (articles, notes, analyses, actes de colloques, mémoires, thèses, etc.).

Précision peut-être utile: puisqu'il s'agit d'une véritable maison d'édition, les textes sont vendus (à des prix très raisonnables) et les auteurs touchent des droits (pourcentage plus élevé que pour l'édition papier).

PRENEZ CONTACT AVEC MOI SI VOUS AVEZ DES TEXTES A PROPOSER et/ou SI VOUS SOUHAITEZ VOUS LANCER DANS UN PROJET TOUT EN BENEFICIANT DE MON SOUTIEN ET DE MES CONSEILS

Pourquoi je soutiens Accedit?

Le travail éditorial, par lequel la rencontre avec un auteur débouche, après de multiples étapes toutes plus enrichissantes les unes que les autres, sur la distribution d'une oeuvre aboutie aux lecteurs, représente l'un de mes principaux engagements citoyens. Me mettre au service de "producteurs de savoir", les guider dans leur démarche et leur réflexion, les décharger des contraintes de la diffusion, c'est apporter ma pierre au partage et à la confrontation si indispensables des points de vue des individus qui cherchent, chacun à leur manière, la Lumière.

Au-delà de l'utilité de ce travail pour la société, il y a ma passion, la nostalgie d'une des actions qui donnent un sens réel à ma vie. Et cette passion, je la dois en grande partie aux nombreuses marques de soutien de proches, de membres de DéfiSciences, d'auteurs dont j'ai eu l'occasion d'entretenir la motivation et... l'amitié.

Enfin, Accedit me semble LA formule idéale permettant d'adapter la diffusion des savoirs aux nouvelles technologies de l'information & de la communication. Elle résout par ailleurs la très grande difficulté que pose, pour l'édition papier, le renouvellement rapide des données issues de la recherche.

Bonheur à celle qui, par cette fraîcheur hivernale, a tendance à boire beaucoup de son bouillon préféré! (comprend qui a lu l'article "Tombée dans la marmite quand j'étais petite")

Je compte sur vous pour m'accompagner dans cette nouvelle aventure! ;-)
Ariane

21 janvier 1973: une Ariane à l'Aurore

Publié le lundi 8 janvier 2007

Le 21 janvier 1973, c'était un dimanche sans voiture. Crise du pétrole. A 3h40 du matin, après 23 heures de souffrance (pour ma mère), j'ai daigné sortir le dernier orteil de son ventre alors qu'on m'attendait depuis une semaine. Ben oui: trop froid en hiver dans ce pays nordique qu'est le plat pays!

J'aurais pu m'appeler Aurore. Mais c'est finalement Ariane qui a été retenu et officialisé lorsque mon père m'a reconnue deux jours plus tard à la maison communale de Saint-Josse-ten-Noode.

L'an mil neuf cent septante trois, le vingt-trois janvier, à treize heures vingt minutes, devant Nous, Camille XXX, Echevin délégué, Officier de l'Etat civil de la commune de saint-Josse-ten-Noode, a comparu: Claude Francis Vlérick, professeur, âgé de vingt-sept ans, né à Luingne, lequel nous a exhibé un enfant du sexe féminin, qu'il a déclaré être né le vingt et un janvier courant, à trois heures quarante minutes, en cette commune, rue du Méridien, 100, de lui déclarant et de son épouse Mireille Gabrielle Angèle Defrise, employée, âgée de vingt-quatre ans, née à Nduma (Congo belge), domiciliés à Schaerbeek, rue Jan Blockx, 1, auquel enfant il déclare donner les prénoms d'Ariane Gabrielle Madeleine.

S'ensuit la liste (dont je vous épargne) des noms des personnes qui ont eu la joie d'assister à la scène...

Il n'y eut pas d'autre enfant résultant de la combinaison de la moitié des patrimoines génétiques de mon père et de ma mère. "Je voulais une fille, je l'aie eue du premier coup, alors pourquoi recommencer?", disait ma mère.