DéfiSciences

Par Ariane VLÉRICK

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Des médicaments sur mesure!

Publié le vendredi 20 août 2010

La prochaine activité incontournable de l'Association BioAlps, dont je suis la Secrétaire Générale depuis une année, est sans conteste son événement phare annuel, le BioAlps Networking Day, qui a pour but de rassembler toute personne concernée par le secteur des Sciences de la Vie de Suisse occidentale: les étudiants comme les professionnels de tous milieux (industrie, académie, fondation, ONG, etc.), actifs dans le domaine scientifique comme dans l’économie ou la politique, dans la région ou à l’étranger.

L’édition 2010 se tiendra le 29 septembre à Genève, aux quartiers généraux de Merck Serono (9 Chemin des Mines), sur le sujet: Médecine personnalisée – des médicaments sur mesure.

Le secteur des soins de santé traverse en effet une révolution, laissant la place à une médecine de plus en plus préventive, prédictive et personnalisée. Dans la suite logique de la notion de bioconvergence, qui crée une interface de plus en plus large entre le biotech et le medtech, et que nous avons explorée en détails au cours de l’année passée, nous vous proposons cette fois de nous pencher ensemble sur les moteurs et les freins que rencontre la mise en place d’une médecine personnalisée.

Des perspectives prometteuses devraient surgir de cette évolution de paradigme. Le Networking Day vous propose de les découvrir au travers des mots des acteurs majeurs de la région en matière de médecine personnalisée, dont:

Jean-Pierre Dan (Centre Suisse d’Electronique et de Microtechnique, Senior Manager)

Frédéric Eberle (Roche Diagnostics France, Head Medical Division Lab Network)

Denis Hochstrasser (HUG/UNIGE, Professor)

Valérie Junod (UNIGE-UNIL, Professor)

Bernhard Kirschbaum (Merck Serono, Executive Vice President, R&D)

Jonathan Knowles (CarisDx, CSO)

Jean-Yves Le Cotonnec (Triskel, CEO)

Eric Manck (Biomérieux, CEO Swiss subsidiary)

Didier Mauroy (Biofield, CEO)

Dany Mercan (Unilabs, Scientific Head Special Chemistry)

Frederic Neftel (Debiotech SA, President & CEO)

Rudi Pauwels (Biocartis, CEO)

Frédéric Reymond (DiagnoSwiss, General Manager)

Jean-Paul Rigaudeau (Unilabs, CEO)

Pietro Scalfaro (Debiopharm, Director, Business Unit Diagnostics)

Elmar Schnee (Merck Serono, President)

Paul Stoffels (Johnson & Johnson, Company Group Chairman)

Stavros Therianos (Diagnoplex, CEO)

Jean-Dominique Vassalli (UNIGE, Rector)

Ioannis Xenarios (Swiss Institute of Bioinformatics, Professor)

Programme et inscription (obligatoire)

Quand je serai grand, je serai...

Publié le mardi 7 avril 2009

Il m'arrive régulièrement, ces temps, de me trouver confrontée aux interrogations -parfois à la détresse- de jeunes qui atteignent l'âge de faire un choix décisif dans leur parcours d'étudiant. Qu'il s'agisse des adolescents qui quitteront bientôt l'enseignement secondaire ou des futurs détenteurs du diplôme de Master (à la sauce Bologne) qui peuvent ou non entreprendre un doctorat, la problématique est la même: qui suis-je pour oser prétendre pouvoir donner des leçons -ou même de simples conseils- en la matière?

A l'heure où le contexte économique est plus que jamais incertain, et où les enfants des pays occidentaux ont souvent été élevés selon la formule "mon enfant, je te donnerai tout ce que je n'ai pas eu", le désintérêt de la jeunesse pour les études me semble bien là. Peut-être est-il encore plus prononcé chez les enfants de couples séparés, phénomène de plus en plus à la mode ces dernières décennies. Car comment durcir le ton lorsqu'il est si facile, pour le grand enfant, de balancer, maladroitement mais néanmoins violemment, à la tête du parent démuni, un "si ça t'plait pas, j'vais vivre avec papa/maman". Mais peut-être ces conclusions un peu hâtives -j'en conviens- sont-elles la manifestation, chez moi, de premiers signes de ringardise qu'il me faut à tout prix soigner... Car des jeunes à la fois brillants et très motivés, j'en rencontre aussi tous les jours.

A vrai dire, je ne parviens pas à proposer quelque chose de plus évolué que la formule qui m'a guidée tout au long de ma vie: "va où le vent te mène, mais renseigne-toi bien sur ce qui existe". Selon mon impression, une carrière toute programmée, calculée, a encore plus de "chance" que les autres d'aboutir à de la frustration. Et ce que je me permets de dire à tous ces jeunes que je côtoie avec beaucoup de plaisir, c'est que leur personnalité et les compétences qu'ils ont acquises dans le cadre de leurs activités extra-scolaires (surtout dans leur enfance) occuperont une place non moins déterminante dans leur aventure professionnelle que le diplôme qu'ils auront en poche à la sortie de leurs études.

Sans doute attendent-ils davantage de précisions de la part des adultes, afin d'être quelque peu rassurés quant à la voie qu'ils empruntent. Mais qu'avons-nous de plus à leur offrir que de stimuler encore et toujours leur enthousiasme et de leur dire de faire en sorte que "le rêve dévore leur vie, afin que la vie ne dévore pas leur rêve"?

Ariane

Compléments d'information:

- Faites que le rêve dévore votre vie, afin que la vie ne dévore pas votre rêve (Saint-Exupéry)

- Les Journées des Gymnasiens et la semaine d'immersion "La science appelle les jeunes" dans les laboratoires des Sciences de la Vie de l'Ecole polytechnique Fédérale de Lausanne.

La Belgique - Inventaire avant liquidation!

Publié le jeudi 6 décembre 2007

En tant que Belge expatriée, je suis bien placée pour découvrir à quel point "les plus braves des Gaulois" passent -encore plus qu'avant- pour des triples andouilles.

Je ne compte pas m'étendre sur les problématiques politiques majeures qui secouent le pays, tout particulièrement depuis quelques mois. Certains sont en train de le faire bien mieux que je le pourrais, et notamment des personnes qui me sont chères, vers qui je me permets de vous guider: Helvete.ch et une discussion à bâtons rompus sur la Belgique.

Pour ma part, je me contenterai de mettre un espace à disposition sur DéfiSciences, afin que ceux qui le souhaitent puissent exprimer ce qu'ils ressentent quant aux forces et aux faiblesses de cet "accident de l'histoire", qui porte pourtant les germes de tant de richesses culturelles. Que vous pensiez à l'expression artistique, à la gastronomie, à l'humour, au sport ou à je ne sais quoi d'autre, lâchez-vous!

Alors allez-y, dites-nous ce qui fait la grandeur du petit plat pays. Et merci à François Pirette pour son "indécrottable humour"... tellement crédible que certains m'ont raconté -en Suisse- l'interview du ministre flamand, en la prenant pour véridique! Il m'a fallu remettre les pendules à l'heure... quand même!

Bien amicalement,

Ariane

L'embryon, un impossible statut?

Publié le mercredi 17 octobre 2007

Je m'occupe actuellement notamment de la mise sur pieds et de la coordination d'un programme de formation continue transdisciplinaire, qui retrace les différentes étapes du parcours du combattant que représente le long processus qui va de la recherche en laboratoire jusqu'aux essais cliniques. Par conséquent, je m'initie peu à peu aux notions juridiques et éthiques qui encadrent les recherches biomédicales et leur "traduction" (translational research) en outils et méthodes thérapeutiques.

On ne fait en effet pas ce que l'on veut dès lors que notre matière première relève du Vivant. Ce faisant, en l'absence d'un consensus général sur ce qu'est finalement la Vie, comment prendre position sur ce qui est permis ou sur ce qui -tout au moins- nous semble raisonnable?

En droit, on distingue le droit réel (de "res, rei": la chose, en latin) du droit de la personnalité. Mais définir ce qu'est un être humain et ce qui ne l'est pas, ce n'est pas si simple... D'autant que, même lorsque le statut de "chose" est accordé sans trop d'ambiguïté, il ne faut pas en déduire -heureusement- l'inexistence d'un cadre juridique qui garantisse une protection appropriée. Il en est ainsi, par exemple, de notre corps dès lors qu'il est relayé au rang de cadavre.

Ce dimanche 14 octobre 2007, c'est du statut juridique de l'embryon qu'il était question à l'émission "Haute définition" de la Radio Suisse Romande. Je tenais à partager avec vous les propos d'Olivier Guillod, directeur de l'Institut de droit de la santé à Neuchâtel.

On y apprend en effet que, sur le plan juridique, tant que l'embryon est à l'abri dans le corps de la femme, il reste une "chose". Par contre, si la chose finit par naître, elle acquiert automatiquement le statut d'être humain, et avec effet rétroactif. Cette rétroactivité permet par exemple de réclamer une compensation pour dommages causés à l'enfant en devenir alors qu'il n'était encore "personne". Mais si le foetus décède dans le ventre de la mère à la suite d'une agression par exemple, bernique!

Apparemment, le droit français et le droit suisse règlent la chose (c'est le cas de le dire...) de la même manière, si ce n'est en ce qui concerne l'exigence de la double condition de naissance et de viabilité pour que l'embryon devienne un être humain.

Je repense soudain à l'une de mes vieilles lectures d'Oriana Fallacci, Lettre à l'enfant jamais né, dont il faudrait changer le titre...

N'hésitez pas à donner vos points de vue sur le FORUM.

Ariane

Que sont mes recherches devenues?

Publié le mercredi 9 mai 2007

De l'art d'avoir une vision globale du contexte de ses recherches pour anticiper leur expression...

Les recherches scientifiques et les nouvelles technologies qui en découlent se développent jour après jour, entraînant avec elles des révolutions dans nos vies, pour le meilleur et pour le pire.

Les conséquences de ces recherches sont de nature très diverses, touchant à la remise en question de la nature même de la notion d'humanité, à l'amélioration de la santé et du confort des êtres vivants, à l'économie, à la capacité de l'être humain à satisfaire sa curiosité en explorant des mondes autrefois inaccessibles, etc. Et tout va très vite...

Ce que j'entends quotidiennement autour de moi, c'est que les découvertes issues des institutions de recherche publiques sont mal valorisées par leurs auteurs auprès de l'industrie, parce que le public et le privé n'ont pas d'outils performants de communication. C'est que le cadre légal qui doit accompagner l'application des découvertes, résultat notamment du travail de comités d'éthique, a trois guerres de retard par rapport aux recherches. C'est qu'il est extrêmement difficile de prévoir des lois internationales en matière de recherche, alors qu'il n'y a peut-être rien de plus international que le savoir, le soutien qu'il faut y apporter, et les limites humaines qu'il faut fixer à la prise du pouvoir qui en découle.

Pourtant, n'y avait-il pas moyen d'anticiper beaucoup de choses? Une connaissance même très globale de la progression des connaissances ne permettait-elle pas d'identifier une direction dans laquelle la recherche allait forcément avancer à pas de géants? Je suis toujours très étonnée de lire, au début du XXIème siècle, certaines oeuvres de science-fiction de l'après-guerre...

J'aimerais proposer un petit "jeu", par le biais de mon forum de discussion... Je me fiche que cela soit bien écrit ou non. L'important est ici le contenu. Romancer quelque peu les choses n'est pas interdit. Cela ajoutera une note artistique voire onirique (mais est-ce vraiment différent?) -si nécessaire selon moi- à l'exercice.

Voici les "règles", dont la flexibilité sera maximale, pour le plus grand bien de tous:

Quelle serait votre réponse à la question "Que sont mes recherches devenues?"

- Si vous êtes un chercheur de longue expérience (disons clairement: proche de la retraite ou déjà "hors du circuit"), je propose que vous répondiez à la question telle qu'elle: que sont devenues vos recherches en l'espace d'une vingtaine ou d'une trentaine d'années? Vous attendiez-vous à cette évolution, à cet éventuel impact social?

- Si vous êtes un jeune chercheur, je propose que vous fassiez un exercice d'imagination, voire un message d'espoir ou de désespoir, sur ce que vous attendez de vos recherches.

- Si vous êtes en milieu de carrière, libre à vous de choisir l'une ou l'autre option, voire un mélange créatif des deux.

- Enfin, si vous n'êtes pas chercheur, mais souhaitez vous livrer à cette expérience de pure imagination, vous êtes aussi bienvenu!

Pour participer, cliquez __ICI__.

Quelques précisions... Je ne mets volontairement aucun qualificatif à "recherches"; il peut donc s'agir tant de sciences humaines que de sciences exactes. Il vous est tout à fait loisible d'écrire sous un pseudonyme si vous voulez préserver la confidentialité. Le cas échéant, je mets mes compétences rédactionnelles et éditoriales à votre service, mais je répète que je n'attends pas nécessairement de performance littéraire.

Il n'est pas exclu que cette petite expérience ait une suite. De la musique d'avenir... pourquoi pas? Moi aussi j'ai des rêves! Et il m'arrive de les concrétiser...

Amicalement,
Ariane